i.
ծիրանի փայտLe bois d'abricotier
Le corps est tourné dans l'abricotier — tsiran — dont la densité chaude donne ce timbre velouté, sombre et rond, inimitable sur tout autre bois.
դուդուկ — ծիրանի փող
Aucun instrument ne s'approche autant de la voix humaine. Taillé dans l'abricotier, le doudouk ne joue pas une mélodie : il respire — un long lament tenu, posé sur un bourdon qui ne s'éteint jamais.
Effleurer pour respirer
Le lament
Deux doudouks jouent ensemble : l'un porte la mélodie, l'autre tient le dam — un bourdon continu, soutenu par une respiration circulaire qui ne laisse aucun silence. Le son ci-dessous est entièrement synthétisé, une évocation du timbre d'anche et de son bourdon.
↓ La ligne respire au rythme du souffle.
Le bois, l'anche et le bourdon — rien de plus, et pourtant la plainte la plus humaine du Caucase.
i.
ծիրանի փայտLe corps est tourné dans l'abricotier — tsiran — dont la densité chaude donne ce timbre velouté, sombre et rond, inimitable sur tout autre bois.
ii.
եղեգնUne large anche de roseau aplatie — le ghamish — vibre entre les lèvres. C'est elle qui rapproche le doudouk du grain de la voix parlée.
iii.
դամUn second joueur tient le dam, une note immuable, par respiration circulaire. La mélodie semble alors flotter sur un horizon sonore continu.
La respiration circulaire — inspirer par le nez tout en expulsant l'air stocké dans les joues — permet de tenir le dam indéfiniment. Le bourdon devient un sol immobile sur lequel la mélodie pleure, hésite, revient.
C'est ce contraste — une voix mouvante sur une note éternelle — qui donne au doudouk sa gravité de prière.
Le doudouk pleure
ce que les mots taisent.
դուդուկ — Arménie