Գույն — հայկական գեղանկար
Neuf peintres, neuf manières de dire l'Arménie : le soleil de Martiros Saryan, le feu qui embrase la toile, le silence des figures suspendues, la lumière crue des hauts plateaux, la grâce des figures allongées, la floraison débordante des bouquets, le fragment des visages recomposés, l'or du patrimoine et le conte des villages. Une même terre, traduite en couleur.
Մարտիրոս Սարյան
Le patriarche de la peinture arménienne moderne. De ses voyages en Orient — Égypte, Perse — il rapporte des aplats francs et une lumière brûlante, puis les tourne vers sa terre : l'Ararat, les villages dorés, les montagnes en mosaïque. Chez lui, l'Arménie devient soleil.
Մինաս Ավետիսյան
Maître du modernisme arménien, mort à quarante-sept ans. Il embrase la toile : rouges de braise, oranges, bleus francs posés en aplats. Sous son pinceau, un village aux maisons en coupole devient un incendie tranquille.
Մովսես Պողոսյան
À l'opposé du feu, un monde retenu. Des figures sculptées dans une gamme sourde — gris, ocre, ivoire — que vient trancher un seul rouge. Les visages, parfois partagés en deux, semblent suspendus hors du temps, entre l'icône et le rêve.
Արմեն Հարությունյան
La couleur revient, mais c'est celle du plein air. Au couteau, en empâtements épais, Lorenc taille la lumière des hauts plateaux : aiguilles de roche, gorges, meules d'été, rivières. La matière accroche le soleil et vibre comme un paysage vu les yeux mi-clos.
Մատևոս Սարգսյան
Héritier de la figure arménienne, il étire ses femmes comme des icônes profanes : cous allongés, visages lisses, regards baissés. Au couteau, chaque silhouette est sertie dans une mosaïque de verts, d'ocres et de bleus — une grâce sculptée dans la matière.
Շահեն Օրդուբեկյան
Ici la couleur explose. Au couteau, en empâtements généreux, il dresse des bouquets et des jardins qui débordent du cadre — pivoines, lilas, mimosas, pavots. La fleur n'est qu'un prétexte : ce qu'il peint, c'est la lumière qui s'y prend, vive, presque sonore.
Արծրուն Ասատրյան
Héritier du cubo-futurisme, Artsrun Asatryan brise le visage en éclats de couleur — triangles, biseaux, vitraux. De ces fragments resurgit toujours une figure : un œil, des lèvres rouges, un profil qui se recompose. L'identité n'y est jamais donnée d'un bloc, mais reconstruite sous le regard.
Հայկ Միքայելյան
Au couteau, en empâtements épais comme de l'orfèvrerie, Hayk Miqayelyan dresse des femmes en coiffe traditionnelle, des bouquets et des grenades. Tout y baigne dans une lumière d'or : le fond, les broderies, le crépuscule sur l'Ararat. La couleur devient parure, et le patrimoine, trésor.
Մհեր Չատինյան
Mher Chatinyan peint comme on raconte. Ruelles ensoleillées aux balcons de bois, fille à l'âne et au coq, vieux violoniste, mère et enfant en icône : chaque toile est un conte. Le trait est libre, la couleur franche, et le quotidien arménien y prend des airs de légende.
Une terre,
traduite en couleur.
Գույն — Arménie